Accueil > Sorties > Crête de la Marmottane, Couloir NW : Sortie du 28 décembre 2019 par PierBa
Chargement en cours...
Crête de la Marmottane, Couloir NW, samedi 28 décembre 2019 par PierBa
Conditions de neige
Lieu/Alt.Ori.HeureType/QtéCom.
Combe madameOuais ouais!!!
CôneMouais
1er tiers OUAIS OUAIS OUAIS
2ème tiersMouais bof
3ème tiersNon Non
Altitude de chaussage (montée) : 1600 (mais on a fait du zèle en baskets)
Altitude de déchaussage (descente) : 1400

Activité avalancheuse observée : déminage de plaques dans le haut du couloir. Cône déjà purgé (merci qui? je ne sais pas... non sérieux aucune idée...)

Skiabilité : Correcte


Récit de la sortie
Franchement, ce n’est pas possible…
Je vous laisse 4 jours pour aller au bled et fêter Noël en famille, et quand je reviens il a plu à 3000.
A 3000 bordel !
Tout est vitrifié.
Il y avait de la neige avant !
Mais vous vous foutez de ma gueule ?!
4 jours bordel !

Bref, on commence…

Du coup hier soir, en rentrant de l’aéroport, je retrouve les potes autour d’un verre (je ne vous dirai pas s’il y avait de l’alcool) et d’une clope (je ne vous dirai pas s’il y avait de la cigarette), et les visages sont tristes et désespérés.

« Mec c’est chaud »
« Mais qu’est ce qu’on va faire ?
« Et si on allait faire du ski de fond »

C’est la Bérézina, les troupes sont en déroute et ça raconte n’importe quoi. On sent que le choc de ceux qui sont restés sur place a été violent et que l’état de stress post traumatique n’est pas loin.

On sait qu’il a neigé jeudi, mais maître Tassan a écrit dans la sainte bible « gna gna gna, petite couche sur fond dur gna gna gna, danger gnamgnam style ».

Faudrait aller en station quoi.

Bah ouais faudrait aller en station, les pistes bien damées, cette petite couche de neige fraîche leur aura fait le plus grand bien, allez vient ce sera bien, regarde tout ce qu’on peut faire, tout ça tout ça

Mais non, c’est la première sortie de la saison (putain qu’est ce qu’on a dit sur les sorties sur les bords de piste à Chamrousse et aux 7 Laux ? Ca ne compte pas), et il faut la faire. On s’était donné rendez-vous le 28 décembre. On a avalé de la stass début décembre et c’était très bon (hé ouais gros, changement de stratégie, on fait du dénivelé négatif pour se remettre les cannes en jambes, fini le reich du dénivelé positif), même si le Corse a réussi à casser son avant pied et ses beaux skis sur une poussée inappropriée de confiance et d’enthousiasme. RIP bro.

« Bon allez, on s’en branle, demain on va à la Marmottane, ce sera énorme, il a neigé, au pire si tout est complétement vitrifié béton armé, on aura fait du dénivelé, ça justifiera les bières et clopes qui vont suivre »

Et là, me préparant à prendre des insultes, on me répond « ok »

La supercherie passe crème.

Je n’y crois pas, mais eux non plus probablement.

Fast Forward à ce matin.

La haute savoyarde me dit « Je garde mes baskets, si c’est juste pour balader les skis sur le sac, faisons-le confortablement tant qu’à faire ».
C’est une génie, je fais la même.

On se met en route tardivement, en pensant au petit repas qu’on se serait fait à midi. On marche dans des empreintes de chaussures de skis gravées dans la neige à jamais tellement elle est dure, mais au fur et à mesure qu’on monte quelque chose de fou se produit.

« Mec il y a de la neige, de la vraie, celle qui ne porte pas, genre version poudre, si on te lance une boule de celle ci tu ne finis pas à l’hosto »

Un peu déçus, on enfile nos chaussures de ski vers 1700, on met les peaux, et malgré nous on continue à monter pour voir ce qu’il s’y passe au-dessus de la vallée de la haute Breda et ses fameuses sorcières mangeuses d’enfants.

On regarde autour de nous et c’est assez fou, il y a à balle de neige, partout, genre partout, genre dans certains couloirs que je ne vais pas citer, on se croirait au mois de février, aucun ressaut rocheux.

Je commence à avoir les mains moites.

C’est vraiment excitant tout ça.

Fine sous couche sur glace mon cul, la combe madame est en poudreuse, et c’est de la balle.

On arrive en bas de la Marmottane, le cône a complétement dégringolé en bas, mais de la poudre tassée bien portante nous permet de monter jusqu’en bas du couloir où finalement…

*cric crac croc

Bah ouais de la glace bordel. Putain Lionel tu fais chier avec ta glace.

Bon mais juste au dessus de la cassure de plaque la neige est là. On met les crampons et on se jette dedans et elle est pas mal. On brasse même. PUTAIN ON BRASSE LA.

Ca va être comme dans les vidéos de ces tarba de hauts savoyards qui postent sur pente raide point com sur FB, où ça dégomme de la poudre et de la sluff.

Nous qui pensions faire du ventri glisse on est un peu déçus de faire du vrai ski.

On remonte 1/3 du couloir et là

*cric crac croc

Bordel, le goulet est déjà en train de se former avec la sluff, on navigue de rive droite à rive gauche sur une langue de neige fraîche qui porte entre des méchantes plaques de neige dure, genre vraiment dure, genre glace, genre c’est de la glace.

"Mais si ça passe on suivra nos traces à la descente, tkt" (à lire « t’inquiète » mais avec énormément de désinvolture)

On arrive à la dernière étroiture à 50 mètres du sommet, juste sous la rampe de sortie et là clairement, une langue de béton nous coupe la route. Mais bon, vous savez, la jeunesse, elle s’en branle de tout, du coup on continue en faisant semblant de ne pas se soucier à ce qu’il allait se passer 15 minutes après, ski au pied.

Bah ouais on va voir si ça sort.

Bah non ça ne sort pas.

La rampe de sortie est vitrifiée, ça brille, c’est lavé avec du monsieur propre, la glace est là, il n’y a pas de fine couche de neige mes couilles que sais je, on peut s’admirer dedans.

A 10 mètres du sommet on est un peu blasés. On voulait prendre le soleil quoi. Les marques des lunettes tout ça.


Bon du coup on chausse, on met quelques virages sautés, qui sont quand même assez tendus sur la partie béton, du coup on désescalades ces 5 mètres qu’on a monté dans l’insouciance la plus totale, et là… là… bah il n’y a bien évidemment plus nos traces.

Et là c’est drôle parce que c’est parti dans du démineur en virage à 50° pour savoir où était la glace sous cette putain de fine couche de neige oui Lionel t’avais raison… entre crissements de carres, impacts dans des accumulations soufflées et quelques virages sympa on ne sait plus trop pourquoi on est là. Ah si je sais… on est cons.

Bref

Heureusement que le 1/3 du bas c’était de la balle sinon.

Sinon rien en fait.

Pas une journée pour le beau ski (quoi que la combe madame c’était loin d’être degueu).

Une sympathique journée de remise à niveau dans le raide.

Et une vraie journée d’aventure, celle avec le grand H, dans notre massif préféré, le Quey… BELLEDONNE pardi !


RFG, toi qui nous a quitté, je te dédie cette sortie… mais non c’est comme il y a deux ans, il est parti à Tahiti, arrêtez de chialer le fan club.



Commentaires
» Par Toz, le samedi 28 décembre 2019 à 22:56

Mais merde tes CRs nous ont trop manqués :lol: :P
Change rien... De la poilade et du 27eme degré puissance 12... :cool: :cool: :cool:

» Par JulBont, le dimanche 29 décembre 2019 à 08:04

Cela me confirme les conditions dans le "raide" en Belledonne... :ill: Content que vous rentriez entiers. :happy:
PS: photo 7 magnifique avec le plâtrage... :cool:

» Par David Z, le dimanche 29 décembre 2019 à 17:07

C'est con il a fait beau aujourd'hui !! Zavez vu le soleil ? ou pas ? ah ah ! :-) :D :D

» Seuls les membres peuvent poster des commentaires sur cette sortie
Plus

La montagne présente des dangers et doit être pratiquée de façon responsable. Les informations contenues sur cette page sont données à titre indicatif et devraient uniquement êtres prises comme telles. Les informations relevées sur le terrain prévalent en toutes circonstances. Vous évoluez dans un milieu naturel fragile, merci de le préserver.