Accueil > Articles > Autre > Le Graal Haut Alpin

Le Graal Haut Alpin

Par jean boudet, le 05.02.08

Petit récit sans prétention sur la recherche du Graal dans une contrée alpine

Au mois de décembre de l’an de grâce 2007, le roi Arthur convoqua ses deux plus fidèles chevaliers pour leur confier une mission : partir à la recherche du graal dans une contrée reculé, les Hautes Alpes.


Ourienne dans le Devoluy



Perceval et Karadoc, prirent la route immédiatement, encore sous le choc de l’importance de la mission. Après une longue chevauchée, nos deux héros, arrivèrent fourbus en pays gapençais.


Avalanche dans le champsaur



Renseignements pris, les deux chevaliers gagnèrent le massif du Dévoluy par le col du festre. C’est dans ce massif qu’ils firent une rencontre étonnante. En effet, derrière une bute, en plein milieu des alpages, ils tombèrent nez à nez avec des autotchones, qui marchaient en direction des sommets avec des planches dans le dos.

- « Bonjour jeunes gens, connaissez vous le Graal ? » s’enquit Perceval.
- « Oui, mais malheureusement, cette année il faut monter haut pour le rencontrer. » répondirent les jeunes gens, avant de disparaître dans un vallon.

Les deux compères, décidèrent de passer le col du noyer pour répondre à l’invitation de Gaudemar. Ce roi, oncle d’Arthur, avait, en toute modestie donnée son nom à une vallée ou les hauts sommets foisonnent.

Ils ne croisèrent personne pour les renseigner dans cette vallée où les hivers rudes n’invitent pas les locaux à traîner dehors. Au détour d’un chemin, ils tombèrent nez à nez avec une grenouille doté de la parole. Bien décidé à ne pas rencontrer d’autres étranges créatures pour respecter la parole donnée à Bohort qui leur avait fait jurer de ne pas rencontrer « d’animal plus dangereux que le lapin adulte », ils engagèrent la conversation :

- « Belle Grenouille, connais tu le Graal ? » demanda Karadoc.
- « Oui, mais je pense qu’il vous faut aller dans le Champsaur pour le trouver. » répondit l’animal.


Réconforté par la réponse de la grenouille, mais épuisé par le froid de ces hautes vallées, les deux chevaliers qui n’avaient pas mangé depuis la veille décidèrent de faire étape à la chapelle en Valgaudemar.
La nuit dans l’unique taverne du village, leur permit de découvrir avec l’aide du patron des lieux, les spécialités locales : tourtons, oreilles d’ânes et autres ravioles. Ce qui inspira à Karadoc sa fameuse citation : « Le gras, c’est la santé ».

C’est lourdement chargé qu’ils quittèrent la taverne pour rejoindre la vallée aux champs d’or, où la neige était tombée en masse.
Au sommet de la recula ils rencontrèrent un jeune homme qui cette fois avait chaussé les drôles de planches.

- « As-tu déjà rencontré le Graal ? » demanda Karadoc la bouche pleine de tourtons à la pomme de terre.
- « Oui, mais il vous faut faire attention. Avec toute cette neige les avalanches sont présentes. Je serais vous, j’irais voir du coté des gourniers » répondit le jeune homme avant d’entamer sa descente.

Nos deux chevaliers partirent donc en direction des gourniers. Arrivé sur place, ils prirent la décision de suivre des traces rectilignes dans la neige, qui les menèrent à la cabane du vallon, au pied du col de la coupa.
C’est dans ces hauts lieux qu’ils tombèrent nez à nez sur un jeune homme du nom de Damien. Il regardait avec un grand sourire, de belles traces sur le col de la coupa et ne s’aperçut de la présence des deux chevaliers qu’au moment où ceux-ci l’interpellèrent :

- « Bonjour, connais tu le graal ? »
- « Oui, je viens d’en profiter » répondit Damien avant de disparaître en quelques grandes courbes dans la poudreuse.

Perceval et Karadoc déçu de ne toujours pas comprendre ce qu’était le Graal, prirent la décision de rentrer chez eux en passant par le col du Lautaret.
En traversant Embrun, une discussion avec les habitants leur apprit que les personnes glissant dans la neige avec des grandes planches appartenaient au peuple des ouriens. Requinqué par ces nouvelles informations, ils décidèrent de les rencontrer une dernière fois, et pour cela, montèrent au sommet de la ratelle. Nos deux compères, y rencontrèrent deux ouriennes, tout sourire, et engagèrent la conversation :

-« Bonjour Mesdemoiselles, connaissez vous le Graal ? »
-« Bien sur, chaussez les planches pour la descente et vous allez faire sa connaissance »

Après une descente épique, les deux valeureux chevaliers regagnèrent le royaume de Kaamelot. A peine de retour, une réunion de la table ronde fut organisée pour qu’ils puissent faire part de leurs aventures.

Karadoc, mit un point d’honneur, avant toute chose, à faire découvrir aux autres chevaliers les spécialités gastronomiques des Hautes Alpes. Ce déploiement de nourriture, ne fut pas du goût du roi qui gueula :

-« La table ronde, c’est pas une fête de l’artisanat »

Perceval et Karadoc contèrent donc leurs aventures et surtout la descente à skis de la ratelle, mais laissons la parole à Perceval pour immortaliser cette légendaire descente :

-"J'sais pas c'qui c'est passé... J'ai vu tout blanc, et après tout noir, et après, 2 fois tout blanc..."

Le roi Arthur, hors de lui, que l’on puisse être persuadé que le Graal soit associé à une descente à skis, car la légende et la tradition veut que celui-ci soit un objet, asséna à ses chevaliers :

-"Non moi j'crois qu'il faut qu'vous arrêtiez d'essayer de dire des trucs ! Ca vous fatigue, déjà, et pis pour les autres vous vous rendez pas compte de c'que c'est ! Moi quand vous faites ça, ça me fout une angoisse...!!! J'pourrais vous tuer j'crois...de chagrin hein..."


Karadoc pensant bien faire acheva le roi et la réunion :

-"À Vannes aussi, on a nos traditions. Bon, des graals pas vraiment, mais je connais un vieux qui se balade toujours avec un saladier »


Voici comment le ski de randonnée et donc le graal, resta encore pendant de nombreux siècles, l’apanage de ce sympathique peuple ourien. Par contre les spécialités des hautes alpes, et en particulier les oreilles d’ânes connurent un franc succès. Ce qui ne fit pas le bonheur des bourricots du royaume, notre bon Karadoc, ayant bien évidemment oublié de ramener la recette !


Dernière minute: Un certain voloshia, auteur passioné de montagne, aurait décrit le peuple des ouriens. Vous pouvez vous reporter à ces travaux pour plus de compréhension.


Dans le cadre du concours "la plus belle plume"


Damien sous le col de la coupa


les fameuses ravioles de Karadoc


et les tourtons de Perceval

Commentaires
Pas de commentaire

Ajouter un commentaire

Connectez-vous pour ajouter un commentaire.